DR JACQUES OHANA

DE LA CHIRURGIE PLASTIQUE…

DE LA CHIRURGIE PLASTIQUE…

L’histoire de la chirurgie plastique est ancienne et les premiers documents furent retrouvés en Inde et en Égypte voilà plus de 3000 ans.

Si au cours du Moyen Âge et de la Renaissance, des tentatives héroïques et ingénieuses furent décrites, c’est l’avènement des techniques d’anesthésie et les principes de l’aseptie qui sont à la base des progrès spectaculaires dont nous disposons aujourd’hui.
Johan Dieffenbach et Jacques Joseph au XIXème siècle, puis Harold Gillies au début du XXème sont considérés comme les véritables précurseurs de l’ère moderne de la Chirurgie Plastique.

La première guerre mondiale fait apparaître une pathologie nouvelle, celle dite de « gueules cassées », visages et corps mutilés, amputés, explosés, qui pose l’insoluble problème de la réparation, de la reconstruction, de la réhabilitation physique et fonctionnelle à une spécialité qui n’est qu’à ses débuts.
Il a fallu en urgence penser, concevoir, inventer des techniques, palliatives certes, pour redonner « figure humaine ».

C’est là le début de l’épopée qui va faire de cette spécialité un des événements majeurs dans le monde médical du XXème siècle, ouvrant la voie aux traitements d’autres malformations graves, congénitales (craniosténoses, fentes faciales, agénésie,… ) , ou acquises (post-traumatiques, reconstruction après cancer, tumeurs déformantes, séquelles de brûlures graves …).

L’imagination dont vont faire preuve les pionniers de cette spécialité étonne par sa diversité et son ingéniosité ouvrant la voie au traitement de pathologies jugées jusque là inaccessibles.
La greffe de peau d’abord, les techniques de transposition de lambeaux simples puis composites, la microchirurgie, les greffes d’organes, l’utilisation de biomatériaux, élargissent progressivement les perspectives et laissent entrevoir l’horizon prometteur des nanotechnologies, des cellules souches, et de la thérapie génique.

Toutes les spécialités chirurgicales, (cardiaque, digestive, neurologique, orthopédique….) bénéficieront alors, chacune dans leur domaine des possibilités offertes par les progrès de la chirurgie plastique.

Le cap de la mutilation et de la déformation franchi, une perspective nouvelle devient accessible, celle d’améliorer une configuration dite normale, de défier l’anatomie acquise, de reconsidérer une identité reçue et non acceptée. C’est la voie ouverte à l’anatomie « augmentée », une révolution silencieuse aux conséquences étendues à l’aspect physique d’abord, aux organes et à la fonction ensuite.

Bien plus qu’une restauration des formes, des volumes et de la fonction, c’est une nouvelle manière de repenser le corps humain, d’en redéfinir les contours et d’en repousser les limites qui s’impose, ouvrant à l’imagination des horizons nouveaux.

Ainsi, naturellement, la chirurgie plastique va donner naissance à la chirurgie esthétique offrant des perspectives insoupçonnées,
rejoignant la problématique ancienne et universelle des transformations et modifications corporelles , quitte à affronter des considérations éthiques, philosophiques, psychologiques, délicates et légitimes.

Le refus d’une identité imposée et déterminée explique dans une large mesure le recours, aujourd’hui aisément admis, à des interventions chirurgicales qui permettent de se rapprocher davantage d’un moi idéal ou de ralentir les effets du vieillissement.

Nombreux, et à des degrés divers certes, sont les chirurgiens qui ont participé à cette révolution silencieuse.
Parmi eux, deux chirurgiens français, dans des domaines différents, ont marqué de leur empreinte, l’histoire de la Chirurgie Plastique qu’ils ont contribué à faire évoluer de façon spectaculaire.

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