DR JACQUES OHANA

Peut-on ralentir le vieillissement qui est l’une des obsessions des hommes et des femmes ?

Peut-on ralentir le vieillissement qui est l’une des obsessions des hommes et des femmes ?

Avant d’aborder l’aspect physiologique du processus du vieillissement, je voudrais rappeler qu’il est très lié à l’idée que l’on se fait de sa propre vie. Le goût de vivre, l’optimisme, s’ils ne sont pas entamés par trop de petits ou de grands malheurs, sont une parade au vieillissement, une garantie de jeunesse mentale et physique. Cela revient à répéter que la beauté intérieure d’un individu reste un support et un moteur de sa beauté extérieure.

On ne connaît pas encore les gènes de la longévité, mais la théorie génétique dit que le vieillissement de chaque individu est inscrit dans son programme chronobiologique. Certains chercheurs affirment qu’au cours de notre vie se produit une erreur de transcription génétique qui se répercute à toutes les cellules. Leur fonctionnement en est alors perturbé, les erreurs s’accumulent, et c’est cette dégradation qui serait à l’origine du vieillissement.

D’autres, dont le professeur Hayflick, auraient observé que les cellules humaines ne se reproduisent qu’une cinquantaine de fois, après quoi les chromosomes ne peuvent plus transmettre le message génétique. Cette vitesse de multiplication diminue avec le temps, d’où une meilleure cicatrisation chez l’adolescent que chez une personne âgée. Enfin, on connaît aussi le rôle des radicaux libres, ces molécules extrêmement toxiques pour l’organisme.

S’il y a excès de production de radicaux libres à cause du mode de vie de l’environnement, les cellules ne sont plus protégées et le vieillissement s’accélère. Toutes ces hypothèses trouveront certainement une réponse génétique aux causes du vieillissement. En attendant, ses effets les plus importants concernent notre apparence. Les cheveux peuvent commencer à blanchir très tôt, dès vingt-cinq ou trente ans. Les tissus se distendent, la peau se fragilise ou se ternit.

La taille diminue du fait de la résorption osseuse, chez la femme plus que chez l’homme, avec une déminéralisation des os. Le fonctionnement et le métabolisme de tous les organes se modifient, se ralentissent ou se perturbent. L’état circulatoire, cardiaque, respiratoire, rénal, l’acuité auditive et visuelle sont progressivement altérés. Ralentir les effets du vieillissement tient d’abord à une bonne hygiène de vie. On sait que le tabac, l’alcool, une alimentation inadaptée auront des répercussions néfastes aussi bien sur le plan physique que psychologique.

Le sport est une façon d’entretenir le dynamisme du corps, de tonifier les muscles et de renforcer son moral. Mais si le vieillissement est un phénomène physiologique inéluctable, de nombreux progrès réalisés par la science permettent de vivre plus longtemps et mieux. La longévité moyenne s’est accrue de plus de dix ans depuis le début du siècle. Les maladies sont en recul ; ce qui paradoxalement pose, de façon plus aiguë encore, le problème du vieillissement, car pour vivre plus vieux il faut pouvoir vivre mieux.

L’équilibre psychologique reste le meilleur remède, et pour cela tout ce qui y contribue est essentiel. Les milieux familial, professionnel sont en premier plan, et les aléas de la vie font qu’ils ne forment pas toujours un rempart permanent. La curiosité, l’ouverture sur les autres, la participation à la vie sociale renforcent l’aptitude au bonheur. Parce que la séduction reste un critère essentiel de jeunesse, quel que soit l’âge, s’entretenir, se surveiller, se révèle aussi important que s’informer ou se distraire. Nombreux sont les artifices, médicaux et cosmétologiques, qui permettent d’agrémenter le visage et la silhouette. Si quelques rides ternissent l’éclat d’un visage, certains traitements à base d’acide hyaluronique et de toxine botulique peuvent les dissiper pendant plusieurs mois.

Un discret «épaississement des lèvres par exemple est un geste simple (acide hyaluronique) dont l’effet sur le plan sensuel en vue d’un rajeunissement est un artifice fréquemment utilisé, complété parle comblement dessillons naso-geniens. De même les rides d’expression qui sont d’origine musculaire, comme les rides frontales ou intersourcillères, sont bien corrigées par la toxine botulique. Quant aux paupières, c’est l’une des demandes les plus fréquentes en chirurgie. On appelle cette intervention la blé- pharoplastie esthétique. Au niveau des paupières, les premières rides flétrissent et distendent la peau. Il existe aussi des « poches » graisseuses à la paupière supérieure, mais surtout à la paupière inférieure, ce qui donne un regard « fatigué ».

La blépharoplastie corrige ces effets, seule ou associée à un lifting partiel ou total. Cette intervention se pratique chez l’homme et chez la femme, vers l’âge de quarante ou quarante-cinq ans, ou plus tôt quand des facteurs héréditaires marquent prématurément les paupières. Comme pour toute intervention, on fait un bilan préopératoire complet, avec dans ce cas un éventuel examen ophtalmologique, et on travaille sur une série de photos de la patiente. Sous anesthésie locale ou générale, on fait une incision discrète, cachée dans un pli naturel des paupières. On retire l’excès de peau, de même que la « hernie » graisseuse qui, souvent, existe à l’angle interne de l’œil, près de la racine du nez.

Pour les paupières inférieures, l’incision effectuée au ras des cils est pratiquement invisible. Les « poches » de graisse sont retirées et, si excès de peau il y a, il est corrigé pour retendre modérément la paupière sans modifier l’expression du regard. Sans excès de peau, on peut enlever les poches par voie conjonctivale, c’est-à-dire par l’intérieur de la paupière, sans aucune cicatrice. Le pansement est mis en place pendant deux ou trois heures et un collyre est prescrit pour protéger l’œil.

Un œdème ou des ecchymoses apparaissent parfois mais s’atténuent en quelques jours. Il faut ensuite appliquer des compresses froides pour éliminer l’œdème, ou porter des lunettes teintées pour masquer les ecchymoses. Les fils sont retirés une semaine plus tard et le maquillage est possible dès le lendemain. Si l’on veut améliorer encore la qualité de la peau, on peut associer à cette intervention un léger peeling. Dans tous les cas, les résultats sont très satisfaisants car le regard est rajeuni et les cicatrices sont très discrètes. Tout cela ne ralentit certes pas le vieillissement biologique programmé mais, en agissant sur l’apparence, et en masquant les aspects inesthétiques, ces gestes atténuent l’angoisse et l’obsession liées à cet état.

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