DR JACQUES OHANA

Dédicace à l’artiste ORLAN

Dédicace à l’artiste ORLAN

Artiste plasticienne multimédia, de notoriété internationale, ORLAN est une des pionnières de ce courant qu’elle qualifie d’art charnel et dont elle va explorer les multiples facettes. Refusant les canons établis et assignés à la femme, elle propose une enquête identitaire subversive à travers le temps et l’espace, interpellant pour mieux les combattre les pressions politiques, sociales religieuses et culturelles qui inscrivent le corps dans un espace confiné et restreint.

Elle construit sa démarche autour de la peinture, la sculpture, le théâtre et la poésie qu’elle confronte aux nouvelles technologies, vidéo et numérique en particulier.

Elle décide d’abord de changer de nom, choisit de s’appeler ORLAN, qu’elle demande d’écrire toujours en lettres capitales.
« je sommes ORLAN, entres autres et dans la mesure du possible » affirme–t-elle non sans humour, et se présente « comme un femme et une homme ». D’une façon générale, elle refuse la notion de choix imposé et opte pour le « et » au détriment du « ou ».

Elle s’insurge contre le statut universel et discriminatoire de la femme qu’elle qualifie d’apartheid et de conspiration et confond dans une même accusation toutes les religions pour leur responsabilité commune.

« ORLAN accouche d’elle m’aime » en 1964 et renaît sous la forme d’un buste androgyne et mutilé.

« Le baiser de l’artiste » interpelle le public à qui elle propose un baiser contre une pièce de 5 francs, dans la posture d’un guichet automatique, et lui renvoie l’image de la femme, la mère, la sainte, la prostituée et l’artiste, illustrant ainsi son art de la mise en scène et de la provocation, sa quête de l’identité féminine et sa révolte face aux pressions religieuses et sociales.

Dans son « Manifeste de l’art charnel », elle s’insurge contre les standards imposés à la femme et, la première, ose réaliser des performances sur son corps au cours d’interventions de chirurgie plastique. Le bloc opératoire devient son atelier et elle met en scène des performances de refiguration originales et surprenantes proposant un visage qui refuse les critères de normalisation par la pose en particulier d’implants au niveau des tempes.
Refus des diktats de la nature, des canons imposés pour définir la beauté, elle refuse aussi la douleur « rédemptrice » pour la chrétienté et livre son corps ouvert en lisant des textes philosophiques et psychanalytiques retransmis dans le monde entier.

« La liberté en écorché » est un autoportrait en version 3D, où ORLAN, dépourvue de son enveloppe corporelle prend progressivement la pose de la statue de la liberté, comme affranchie et plus nue que jamais.

Inspirée par les représentations africaines, amérindiennes, précolombiennes et égyptiennes, elle en étudie les standards de beauté et propose une série de « self-hybridations » dans un mélange de son visage et de celui inspiré des sculptures de ces différentes cultures.

Fascinée par les technologies nouvelles, l’imagerie scientifique, les manipulations génétiques et les cellules souches, elle travaille sur la réalité augmentée, explorant tous les horizons des mutations présentes et futures, imaginaires, virtuelles et réelles.

Pas de commentaire

Poster un commentaire