DR JACQUES OHANA

Quelle prothèse mammaire choisir ?

Quelle prothèse mammaire choisir ?

lcfLorsqu’une prothèse mammaire est nécessaire à utiliser au cours d’une intervention, le choix de cette prothèse va conditionner largement la qualité du résultat que l’on cherche à obtenir.

Qu’il s’agisse d’une augmentation mammaire pour hypoplasie, ou de la mise en place d’une prothèse lors de la correction d’une ptose mammaire ou même d’une réduction mammaire, il y a des critères importants à connaître et à définir pour choisir la prothèse mammaire la mieux adaptée.

En effet, contrairement à ce que l’on pense généralement, il ne s’agit pas simplement d’en définir le volume.
L’analyse est beaucoup plus subtile et voici les éléments qu’il faut respecter et qui doivent tenir compte de trois éléments essentiels :

  • Le volume et la forme de la prothèse
  • La nature de la prothèse
  • La technique utilisée.

Le volume et la forme de la prothèse

Toutes les prothèses mammaires ne se ressemblent pas, le choix de leur volume et leur forme est un élément primordial à considérer envie d’obtenir le résultat escompté.
Schématiquement, la prothèse peut être ronde ou de forme anatomique.

  • La forme ronde:
    Ronde, c’est-à-dire de base circulaire, avec une largeur identique à la hauteur, et cet élément se définit par le diamètre ou la base de la prothèse.

    Trèpms vite, il paraît clair que selon la base thoracique de la patiente, il conviendra d’adapter la base de la prothèse avec des mensurations personnalisées.

    On comprend également que le deuxième élément essentiel à préciser est celui de la projection de la prothèse.

    En effet, pour une même base de prothèses, il existe différentes projections qui permettront d’obtenir des poitrines plus ou moins volumineuses.

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    On parle alors du profil de la prothèse qui sera selon les cas, un profil moyen, un profil haut ou un profil ultra haut.

     

    La même base de prothèses donnera évidemment les résultats différents selon le profil choisi de la prothèse.

    C’est lorsque la base et la projection de la prothèse seront choisies que sera automatiquement déterminé le volume de la prothèse.

    Deux prothèses d’un même volume de 400 cc par exemple, donnerons des résultats très différents si la base est étroite pour l’une (et donc la projection très haute) et si la base est large pour l’autre (et donc la projection moyenne).

    Ainsi, définir le choix d’une prothèse uniquement par son volume est totalement insuffisant.

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Si elles ont le même volume, ces deux prothèses dont les bases sont différentes auront donc une projection différente.

La base large aura une projection moyenne et la base étroite une projection haute.

Ceci est à prendre en considération car cela aura bien évidemment une incidence significative sur la forme définitive du sein.

 

  • La forme anatomique:

Le même raisonnement est valable pour les formes dites anatomiques ou en goutte d’eau. Cette forme de prothèse apparue il y a une vingtaine d’années eut un  grand succès notamment pour les reconstruction de seins. Les avis sont actuellement plus partagés quant à l’intérêt de son utilisation.

pm4La partie supérieure des prothèses anatomiques a un dessin plus progressif qui donnerait un aspect plus naturel.

Le choix de cette prothèse mérite quelques explications spécifiques pour chaque patiente.

Mais là encore, il importe de préciser la projection de La partie basse de la prothèse car c’est elle qui définira la forme du sein choisi.

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Voici donc les premiers critères à définir :

Prothèse de forme ronde ou anatomique ?

Quelle est la base qui convient le mieux à la morphologie de la patiente?

Quelle est la projection nécessaire qui donnera le résultat escompté ?

C’est en fonction de ces premiers éléments que le volume sera calculé.

Ronde ou anapm6tomique ?

 Quelle base ?

 Quelle projection ?

 Et donc quel volume ?

La nature de la prothèse

Une fois le volume et la forme de la prothèse définis, il reste à préciser la nature de la prothèse qui va être utilisée.

De nombreuses variétés existe en effet, qui n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques et dans le choix doit être sélectif en fonction du résultat escompté.

Schématiquement, on peut distinguer une prothèse en fonction :

  • de son contenu
  • et en fonction de son enveloppe.

Le contenu des prothèses mammaires

  •  Les prothèses gonflables au sérum physiologique

Comme leur nom l’indique, ce sont des prothèses qui seront remplies pendant l’intervention, à partir de sérum physiologique.

Elles sont donc constituées d’une enveloppe ou membrane de silicone et d’une valve de remplissage. Elles ont connu un grand succès il y a plus de 30 ans, à l’heure où des questions se posaient quant à l’innocuité du gel de silicone.

Celui-ci étant actuellement considéré comme particulièrement bien supporté et n’ayant pas d’effets secondaires indésirables, les prothèses gonflables sérum physiologique sont très peu utilisées.

Les inconvénients de ces prothèses sont de deux ordres :

  • La valve qui sert de remplissage n’est pas particulièrement étanche et le risque de dégonflement de la prothèse et donc de perte de volume du sein est relativement fréquent.
  • Surtout, les caractéristiques physico-chimiques du sérum physiologique ne sont pas très proches de la consistance normale d’un sein. Et il n’est pas rare qu’apparaisse un phénomène dit « de vagues ».

Les prothèses  prè-remplies de gel de silicone.

Ce sont, de très loin, celles qui sont le plus largement utilisées de par le monde.

Le gel de Silicone comporte en effet de très nombreux avantages.

    • Il s’agit d’un produit « inerte », c’est-à-dire particulièrement bientôt toléré par l’organisme qui ne développe à son encontre ni réaction à corps étranger, ni réaction immunologique de rejet.
    • Il s’agit également d’un produit dont la consistance se rapproche le plus possible de celle d’un sein normal.
    • Ce gel de Silicone de qualité médicale doit être particulièrement pur. C’est la raison pour laquelle, une seule société au monde a le droit de le fabriquer, de le produire, de le distribuer et de le commercialiser. Il s’agit de la Dow Corning, située au États unis. Tous les fabricants de prothèses doivent impérativement se fournir chez ce même producteur pour être certain de la pureté, de la qualité et de la traçabilité de ce produit.

Pour éviter, en cas d’usure de la prothèse, que ce gel de Silicone ne diffuse trop facilement dans l’organisme, nous utilisons un gel dit « cohésif », c’est-à-dire compm7pact, ce qui est un avantage d’innocuité supplémentaire.

Voici une prothèse qui a été coupée en deux et qui montre la cohésivité du gel qui reste compact.

L’enveloppe entourant la prothèse mammaire.

      • Cette enveloppe peut être simple, constituée uniquement d’une fine membrane de Silicone solide.
        Elle est alors soit lisse, soit « texturée » c’est-à-dire finement granuleuse.
      • Ces prothèses existent depuis plus de 30 ans et de nombreux chirurgiens lui sont particulièrement fidèles trouvant que le polyuréthane apporte des avantages certains.Du fait de leurs technologie plus sophistiquée, ces prothèses sont plus onéreuses.pmdC’est donc au terme de cette analyse qu’il sera possible au chirurgien, en fonction des objectifs de la patiente de choisir et d’expliquer les raisons qui vont conduire à utiliser par exemple une prothèse en gel de Silicone de forme ronde, à paroi lisse, d’une base de 13 cm, d’une projection de 4,8 mm et d’un volume de 400 cc, ou au contraire une prothèse de forme anatomique, de projection haute, d’un volume de 430 cc et entourée de polyuréthane.Comme on le voit, nombreux sont les éléments qui vont conduire à un choix très subtil qui ne se limite pas simplement au volume de la prothèse.Au terme de cette analyse, il conviendra ensuite de choisir la technique chirurgicale qui elle aussi permettra dans le cas particulier de chaque patiente d’obtenir le résultat escompté.

Le choix de la technique utilisée

Sur le plan anatomique, la région thoracique est constituée de la glande mammaire en superficie, d’un plan musculaire représenté par le muscle grand pectoral et qui est prolongé par une aponévrose et du plan costal.

Il existe ainsi pmpdifférentes plans ou la prothèse peut être positionnée. Ce choix est extrêmement important car il conditionne la forme du résultat obtenu, sa consistance et son aspect naturel.

Sur une vue de profil, on aperçoit la glande mammaire avec le muscle grand pectoral en arrière prolongé (en vert) par le plan aponévrotique. En arrière se trouvent pmp1les côtes. Sur une vue de face on voit la projection du muscle grand pectoral. Le cercle bleu figure l’emplacement de la prothèse. On note ainsi d’emblée que la prothèse n’est recouverte que dans sa partie supérieure par le plan musculaire et pas dans sa partie inférieure.

La prothèse est ici en position pré- musculaire c’est-à-dire en avant du muscle.

Cette disposition comporte de nombreux inconvénients, En particulier on sent pmdavantage la prothèse si l’épaisseur glandulaire est faible comme c’est le cas en général pour les petites poitrines.

Il semble également que le risque de coque, phénomène d’induration autour de la prothèse, soit plus important lorsque la prothèse est en position très musculaire.

La prothèse est ici en position rétro-musculaire ou plus exactement rétro musculo aponévrotique.

Sa partie supérieure est couverte par le muscle et sa partie inférieure par l’aponévrose figurée ici en vert.pm

Ce positionnement comprime un peu la prothèse et rigidifie le sein. Elle est utilisée dans certains cas bien particuliers.

Ici, la prothèse est en arrière du muscle dans sa partie supérieure et en arrière de la glande dans sa partie inférieure.

C’est la technique du biplan ou du dual plan. C’est ce positionnement de la prothèse qui donne en règle générale les résultats les plus satisfaisants.

 

Conclusions

Il apparaît donc clairement que le choix de la prothèse nécessite une analyse et des considérations particulières et spécifiques au cas de chaque patiente fonction de l’objectif qu’il convient d’obtenir. C’est donc lors de la consultation que ces éléments seront précisés, analysés et expliqués. Il n’y a bien évidemment pas d’attitude qui soit unique et valable dans tous les cas. Cependant quelques idées générales peuvent être énoncées au vu du recul et de l’expérience que nous avons pour ce type d’opération.

Les prothèses gonflables en sérum physiologique ne sont pratiquement plus utilisées en France.

C’est donc le plus souvent des prothèses pré remplies contenant du gel cohésif qui est utilisé.

Si l’enveloppe des prothèses granuleuses et texturées a connu une certaine mode, on note une nette tendance pour l’utilisation des prothèses à enveloppe lisse.

La technique dite du Biplan ou du Dual plan semble être celle qui donne les meilleurs résultats.

Les prothèses recouvertes de polyuréthane utilisées depuis longtemps, connaissent actuellement un succès grandissant et semblent donner les résultats les plus naturels avec le minimum de complications.

En matière de nouveauté, il faut signaler l’apparition récente d’un nouveau type de prothèse, de marque B-LITE, dont la qualité principale serait d’être beaucoup plus légère que les prothèses actuellement existantes.

Ceci aurait pour effet d’être plus agréable à porter par la patiente, plus naturel, et du fait de cette légèreté de respecter davantage l’élasticité de la peau et d’avoir donc une durabilité plus longue.pmb

1 Comment
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    Celeste Seara

    Descriptif très intéressant. Merci.

    17 novembre 2016 Répondre

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